Le chalet, repos du jardinier

Havre de repos par excellence, le chalet permet de se retirer du monde. L’enveloppe végétale de cette retraite devrait elle aussi inspirer la paix et le repos, et, surtout, laisser aux hôtes tout leur temps de loisir.

Le défi de l’architecte paysagiste dépasse ici la simple tâche de décoration extérieure. Il s’agit d’agencer les éléments végétaux et minéraux de façon qu’ils se lient doucement à l’environnement naturel, sur le plan à la fois esthétique et écologique.

Pour les propriétaires de ce confortable chalet situé à Mont-Tremblant, il n’était pas question d’avoir du gazon, car leur présence sporadique rendait la tonte et l’arrosage difficiles. Par ailleurs, les travaux de construction du chalet ont éclairci la forêt et rendu un peu trop visible la proximité des voisins. Entretien minimal et besoin d’intimité figuraient donc en tête de liste des priorités.

Le cadre naturel du chalet interdisant un aménagement rigide à la géométrie rectiligne, les paysagistes Ravon et Charbonneau ont voulu enrober l’habitation d’une verdure ondulante et mousseuse suggérant le confort qui attend les visiteurs à l’intérieur. En choisissant des couvre-sol, ils ont limité l’entretien du jardin et créé du même coup une courtepointe tout en rondeurs et en textures. Des bosquets fleuris ajoutent du rythme à cette composition ponctuée d’arbres et d’arbustes.

Voici les règles spécifiques qui ont permis la création de cet aménagement idéal.

Limiter l’entretien

Les plantes indigènes sont un excellent choix lorsqu’on désire minimiser le temps consacré à l’entretien du jardin, car elles résistent généralement mieux à la sécheresse, au gel et aux parasites . Ici, on a travaillé sur un sol sablonneux et graveleux d’où on a extrait de grosses pierres, qu’on a réutilisées pour donner du volume à l’aménagement. Le thym, l’oeillet, l’ancolie, l’achillée et l’aster, notamment, s’accommodent bien de ce type de sol. Par ailleurs, troquer la pelouse pour des couvre-sol est un choix judicieux si on souhaite éliminer la tonte.

Susciter le plaisir

En plus de refléter le confort intérieur du chalet, l’aménagement doit évidemment être beau. Ici, les tons jaunes des sedums, le vert grisâtre des oeillets et le rose mousseux du thym fleuri se mêlent dans un dégradé harmonieux. Puisque le chalet est surtout fréquenté le printemps, l’automne et l’hiver, et non l’été, les cultivars choisis devaient être dans leurs plus beaux atours en début ou en fin de saison, ou offrir une floraison de longue durée, comme les achillées, dont les touffes blanches émergent joyeusement du parterre moelleux.

Assouplir les lignes architecturales

Pour compenser la rigidité de l’architecture, le paysagiste joue avec les courbes. Il permet également au chalet de s’ancrer dans le paysage en choisissant des matières minérales aux couleurs de la maison. Ainsi, les dalles rectangulaires de chalcanthite (blue stone) posées sur un lit de gros cailloux donnent l’impression de passer à gué une ancienne rivière. À droite, une aubépine vient adoucir la ligne du toit et camoufler une bouche d’aération. À gauche, un pin des montagnes habille l’espace près de la porte, appuyé par l’élégance du bouleau.

Intégrer le chalet à son environnement boisé.

Quelques arbres – épinettes blanches, érables, hêtres – plantés en façade avant l’intervention du paysagiste ont été replantés en périphérie, de manière à créer plus d’intimité autour du chalet. Un escalier de pierres plates facilite la circulation jusqu’à la terrasse. À l’arrière du terrain, on n’a ajouté que des rosiers sauvages afin de laisser la nature reprendre ses droits. On a relié le jardin à la forêt à l’aide de couvre-sol, bosquets de fleurs, arbustes et arbres, dans une judicieuse gradation des hauteurs. Il s’étend même jusque dans le sous-bois, où l’on a fait quelques plantations.

Au final, cet aménagement permet d’intégrer le chalet à la nature environnante tout en respectant les besoins des propriétaires. Les paysagistes ont créé non seulement un cadre végétal demandant peu d’entretien, mais aussi un tableau harmonieux qui appelle le calme et la sérénité.

Contraintes techniques :

Sol sablonneux Dérivation du ruissellement de la montagne

Budget

Végétaux : entre 6 000 $ et 8 000 $.

Chalcanthite et gravier : entre 300 $ et 400 $.

Liste des végétaux :

Couvre-sol

Oeillet deltoïde (Dianthus deltoides) Oeillet ‘Spencer Bickham’ (Dianthus ‘Spencer Bickham’) Sedum âcre (Sedum acre) Thym laineux (Thymus pseudolanuginosus) Thym serpolet (Thymus serpyllum) Véronique à longues feuilles (Veronica longifolia)

Plantes vivaces

Achillée millefeuille (Achillea millefolium) Ancolie du Canada (Aquilegia canadensis) Aster (Aster ptarmicoides) Épilobe à feuilles étroites (Epilobium angustifolium) Lis du Canada (Lilium canadense) Verge d’or du Canada (Solidago canadensis)

arbres et arbustes

Cornouiller stolonifère (Cornus stolonifera) Pin des montagnes (Pinus mugo) Rhododendron du Canada (Rhododendron canadense) Sorbaria à feuilles de sorbier (Sorbaria sorbifolia)

Plantes de sous-bois

Carex plantain (Carex plantaginea) Sanguinaire du Canada (Sanguinaria canadensis) Merci à Jean-Luc Charbonneau pour sa généreuse collaboration.

%d blogueurs aiment cette page :