Aménagez votre façade

Par définition, la façade se trouve à l’avant de la maison. À ce titre, elle doit être dégagée, accueillante et à l’image de ses propriétaires.

Aujourd’hui, les contraintes auxquelles sont soumis les paysagistes lors de l’aménagement d’une façade reposent sur l’espace, toujours plus large, que les propriétaires veulent rendre accessible. Deux ou trois stationnements prévus dans la largeur du bâtiment, un trottoir qui conduit du stationnement à l’entrée principale, d’autres qui conduisent vers le jardin arrière… Autant d’éléments qu’on doit intégrer pour respecter le premier principe de base d’une belle façade : l’équilibre.

Aussi, à moins d’être de fervents amateurs de jardinage, la plupart des clients ne mettent pas la main à la terre et s’attendent à avoir un univers végétal qui ne nécessite pas d’entretien : des vivaces faciles qui résistent à la chaleur, au manque d’eau, au vent, et des arbustes qui ne sont pas sensibles aux maladies fongiques.

Dans ce contexte, le paysagiste Michel Martel, qui a pignon sur rue à Sainte-Julie (en banlieue de Montréal) depuis bientôt 30 ans, souligne l’importance de respecter certaines règles d’harmonie qui transforment toute entrée en terre d’accueil.

Préserver l’équilibre. Normalement, on devrait trouver 50 % des végétaux à droite de la façade et 50 % à gauche. Toutefois, on oublie souvent d’inclure le terrain des voisins. Ainsi, si votre stationnement est mitoyen à celui du voisin à droite et que vous ajoutez des arbustes à gauche, votre façade sera déséquilibrée. Mieux vaut alors privilégier les couvre-sol ou les plantes très basses.

Prolonger le point de vue. La pelouse (ou tout autre couvre-sol) met en valeur les plates-bandes et doit donc occuper au moins le tiers de la surface du jardin. Le regard s’étire alors sur la façade de la maison jusqu’à la plante-vedette.

Arrêter le regard. Chaque terrain devrait compter sur la présence d’une plante dominante (une pièce maîtresse autour de laquelle s’articule l’aménagement) . Il s’agit le plus souvent d’un arbre . Idéalement, on en plante deux – un de chaque côté de la façade – afin de préserver l’équilibre des lieux. Au fil du temps, les arbres encadrent la maison, adoucissent ses lignes, atténuent l’effet de masse et camouflent ses défauts. Bien sûr, il est important de choisir une variété qui ne pousse pas trop vite et de planter les arbres à une distance suffisante des fondations pour que leurs racines ne s’y frottent pas. Placée en arrière de la pelouse, la plante dominante arrête le regard du promeneur et donne de la profondeur au terrain.

Garantir la visibilité. La porte d’entrée ainsi que le trottoir qui y mène doivent être visibles de la rue. De plus, si la maison est située à un carrefour, l’aménagement paysager ne doit en aucun cas obstruer la vue des automobilistes. On choisit donc des végétaux qui ne dépassent pas trois pieds de hauteur et on s’assure de les planter à une bonne distance des limites du terrain.

Donner une personnalité. On le fait en ajoutant une ou deux plantes-vedettes, des végétaux ou des arbustes caractéristiques par leur forme (ex. : pleureurs, topiaires) , leur couleur ou leur volume. Les hydrangées paniculées sur tige jouent parfaitement ce rôle. Évidemment, il faut limiter le nombre de plantes-vedettes, sans quoi elles annuleront mutuellement leur effet.

Créer la différence. Pour rehausser l’effet des plantes-vedettes, on ajoute des plantes accent. Par exemple, on peut placer des graminées, des hémérocalles, des hostas ou d’autres plantes relativement passe-partout de façon à orienter le regard vers les vedettes du terrain.

Compléter harmonieusement. Les effets de style apportent beaucoup à une façade, à condition de les appliquer jusqu’au bout. Ainsi, une fois la structure de base terminée, on complète les plates-bandes avec des plantes de massif qui, comme leur nom l’indique, attirent l’oeil dès qu’elles prennent du volume. Ensuite, on isole les plates-bandes de la pelouse à l’aide de plantes d’ancrage. Dans tous les cas, on choisit les couleurs avec parcimonie : pas plus de quatre ou cinq dans une même plate-bande. Quand on décide de passer d’une tonalité à l’autre, on insère des feuillages neutres ou des plantes blanches ou bleues, qui assurent une belle transition. On garde en tête que la sobriété est garante d’élégance.

Pour l’aménagement qu’il nous a présenté, Michel Martel a rencontré les exigences de ses clients et les principes de base du paysagement. Le choix des cèdres dorés répondait à une demande des propriétaires, tandis que les volumes créés en bordure de la terrasse ont permis de niveler la descente du terrain avec quelques longues marches. Le résultat est équilibré, accueillant et, finalement, assez abordable.

Budget 2 000 $ (gazon) + 4 000 $ (végétaux) Nous remercions Michel Martel pour sa généreuse collaboration (1101, rue Coulombe, Sainte-Julie, 450-649-4604) .

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