Nos alliés à  six pattes!

Les petites bêtes à six pattes font partie du plaisir de jardiner. Mais avant de les chasser du revers de la main, il faut savoir que certaines d’entre elles sont de précieux alliés. Apprenons à les reconnaître! Quand on pense insectes, on a en tête les envahisseurs destructeurs des récoltes, les ravageurs de nos jardins, les piqueurs et les vecteurs de maladies. Pourtant, moins de 1 % de tous les insectes peuvent être nuisibles. Plusieurs insectes peuvent au contraire nous être d’une grande utilité. On aurait donc plus d’une raison de les attirer dans notre jardin.

Les insectes utiles à la rescousse

Premier maillon des chaînes alimentaires après les plantes, recycleurs de la matière organique morte, pollinisateurs, les insectes sont nombreux et indispensables. Certains remplissent une fonction un peu moins connue, celle d’éliminer les ravageurs des cultures. Pour contrôler efficacement les insectes nuisibles, il suffit d’inviter leurs prédateurs naturels dans notre jardin.

Dès qu’un insecte ravageur pullule, ses ennemis naturels en font autant, avec un décalage de temps. Une fois leur mission accomplie, la population des insectes utiles diminue elle aussi. Un jardin équilibré est donc un endroit où les colonies de pucerons, par exemple, restent suffisamment faibles pour ne pas causer de tort aux plantes, tout en permettant à leurs ennemis naturels, les coccinelles ou les chrysopes, de s’y maintenir en permanence. Pour contrer efficacement et à long terme les populations d’insectes ravageurs, il faut faire en sorte que le plus de prédateurs naturels possible se trouvent constamment au jardin.

Nos alliés au jardin

Pour profiter davantage des effets des insectes utiles au jardin, il faut savoir les identifier. Il faut aussi apprendre à reconnaître leurs larves, car leur aspect à ce stade peut être très différent de leur forme adulte. Par exemple, les larves des coccinelles ressemblent à de petites chenilles et sont souvent confondues avec des insectes nuisibles.

Coccinelle et pucerons.

Coccinelles et larves . Qu’elles aient deux ou sept points, toutes les espèces de coccinelles ont à leur menu des acariens, des pucerons, ainsi que des larves et des oeufs de plusieurs insectes (cochenilles, psocoptères, psylles) . L’adulte peut ingérer 50 pucerons par jour, tandis que la larve de dernier stade peut en avaler jusqu’à 150!

Carabe.

Carabes et larves . Le carabe est un carnivore très actif qui, une fois la nuit venue, mange de grandes quantités de chenilles et de limaces.

Syrphe.

Syrphes et larves . On confond souvent les syrphes avec les abeilles et les guêpes, à cause de leur livrée jaune et noir. En fait, ce sont des mouches au vol stationnaire. Les adultes, qui se nourrissent de nectar et de pollen, sont de bons pollinisateurs. La larve, sorte de petite chenille verte, raffole de plusieurs insectes indésirables, dont les pucerons, les chenilles et les larves de coléoptères.

Chrysope.

Chrysopes et larves . Ces insectes translucides de couleur verte, dont les larves ressemblent un peu à celles des coccinelles, sont friands d’acariens, de pucerons, de cochenilles, de psylles, de thrips, de chenilles et de larves de mouches et de punaises.

Mante religieuse.

Mantes religieuses. Quels prédateurs redoutables! Les mantes, jeunes et adultes, attaquent les pucerons, les doryphores, les punaises, les mouches et les chenilles.

Araignée.

Araignées et acariens . Ces arachnides ne sont pas à proprement parler des insectes mais jouent quand même un rôle très important dans la lutte contre les insectes nuisibles. Des études ont démontré que 40 % à 70 % des proies capturées par les araignées sont des insectes ravageurs des cultures. L’araignée rouge, un minuscule acarien se nourrissant de la sève des plantes, est combattue par d’autres acariens carnivores aussi petits qu’elle.

Autres insectes utiles

Un peu moins connus, les staphylins, les cantharides, les lucioles, les ichneumons, les tachinaires et certaines punaises dévorent quantité de pucerons, d’acariens, de chenilles, de doryphores, de limaces et de parasites indésirables.

Comment attirer les bons insectes au jardin

Créer un havre de paix pour les insectes utiles au jardin est très facile et à la portée de tous. Il suffit d’aménager des espaces où ils pourront se développer, se nourrir, se réfugier par mauvais temps, passer la nuit (ou le jour) et l’hiver. Il faut donc combler leurs besoins en leur fournissant la plante-hôte de la larve, les fleurs qui nourriront les adultes et les abris nécessaires pour la période hivernale.

Les insectes présentés ici, à l’exception du carabe, viendront tous dans notre jardin si on remplit ces conditions. Quant au carabe, pour qu’il puisse se réfugier dans notre cour, il a besoin d’un endroit humide et ombragé, avec des pierres plates légèrement surélevées, car il vit dans ou sur le sol. Voici quelques autres trucs pour attirer les insectes utiles.

Aménager une bande fleurie. On choisit des plantes mellifères de la famille des composées ou des plantes ombellifères, ou autres. Plusieurs insectes adultes (abeilles, bourdons, guêpes, papillons, coléoptères, diptères) se nourrissent de nectar et de pollen . De plus, ces insectes pollinisateurs jouent un rôle vital dans le jardin, en assurant la fécondation des végétaux et, par ricochet, leur fructification . Nos suggestions : les roses trémières, les épilobes, les lupins, le chèvrefeuille, la lavande, les campanules, les cosmos, les muscaris et les jacinthes.

Varier la flore . C’est capital pour obtenir un milieu riche en insectes! Il faut garder à l’esprit que nos espèces indigènes ou acclimatées depuis longtemps sont intéressantes parce qu’elles accueillent un très grand nombre d’insectes. On varie également les espèces pour que la floraison s’échelonne pendant la période active des insectes au Québec, soit du mois d’avril au mois d’octobre. On cultive aussi nos plantes à floraison tardive dans des endroits bien exposés au soleil. Une grande variété de plantes favorisera la présence des prédateurs naturels.

Laisser un coin du jardin en friche. Un coin du jardin laissé délibérément à l’état presque sauvage favorise la présence de plantes indigènes ou de «mauvaises herbes», la source de nourriture des larves et le lieu de ponte de plusieurs insectes utiles. Des exemples : les ronces, les bardanes, les chardons, la moutarde, les sureaux, la menthe. Un petit bout de prairie sera évidemment plus fourmillant de vie qu’un gazon bien coupé. Si on tient à conserver notre pelouse, il faut la tondre moins souvent et plus haut, en laissant pousser librement des bandes le long des clôtures ou dans les coins peu fréquentés du terrain.

Créer des abris artificiels. Des nichoirs et des gîtes artificiels peuvent être nécessaires si notre refuge pour nos alliés à six pattes a récemment été aménagé. Voici quelques exemples d’abris : des bottes de tiges creuses, une bûche percée, un nichoir en terre battue. Les tiges creuses seront ainsi utilisées par beaucoup d’hyménoptères solitaires pour y installer leur nid.

À propos des abeilles indigènes

Saviez-vous qu’il existe plusieurs espèces d’abeilles sauvages qui ressemblent à de minuscules guêpes ou abeilles domestiques? Elles ne forment pas de ruches, car elles vivent en solitaire et sont d’excellentes pollinisatrices.

Pour en savoir plus :

Carnet horticole et botanique du Jardin botanique de Montréal : >www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/biblio/carnet.htm .

La toile des insectes du Québec : >www2.ville.montreal.qc.ca/insectarium/toile/ .

Ponema : : www.ponema.org .

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