Les orchidées ont la cote

L’orchidée constitue un univers en soi. Ce monde rassemble quelque 50 000 cultivars appartenant à 750 genres issus de toutes les régions du globe, à l’exception des pôles. Il est varié, tant par les modes de culture que par les formes et les dimensions des plantes et de leurs fleurs . Certaines sont même plus faciles à faire fleurir que la violette africaine, le bégonia ou le cyclamen. C’est ce qui crée l’attrait, entraîne l’engouement, voire «la maladie» chez ceux qui se laissent tenter par un premier spécimen. Êtes-vous à risque d’orchidomanie?

Distinctions botaniques

La fleur d’orchidée est constituée de trois sépales entourant trois pétales colorés, dont un est modifié en labelle qui sert d’attrait et de piste d’atterrissage aux insectes pollinisateurs. Ceux-ci sont indispensables à la reproduction de la plante, car le pollen est collé sur les organes mâles. Ce sont les graines issues de cette fécondation qui seront disséminées par le vent. Pour être viables, elles doivent aussi trouver sur leur lieu de pose un partenaire fongique microscopique qui assurera leur germination et leur croissance. Pour certaines, cette association doit perdurer leur vie durant.

D’origine tropicale ou subtropicale, la majorité des orchidées cultivées dans nos maisons sont des épiphytes, c’est-à -dire qu’elles s’attachent par leurs racines aériennes à des plantes hôtes et vivent ainsi, accrochées aux arbres . Ces racines nourrissent la plante en respirant et en s’abreuvant des eaux de pluie.

D’autres sont lithophytes ou semi-terrestres et vivent accrochées aux rochers de la même façon. Leur culture en milieu artificiel doit donc reproduire ces conditions. C’est d’ailleurs la raison pour les orchidées épiphytes sont cultivées dans des copeaux d’écorce. Quelques-unes sont munies de pseudobulbes, des renflements de la tige où s’accumulent des réserves. Ils permettent à la plante d’entrer en repos pendant les périodes de sécheresse.

Culture et entretien

Les orchidées offertes dans les jardineries et chez les fleuristes ne posent généralement pas de véritable problème de culture. Cependant, vu leur coût parfois élevé, quelques notions de base permettent de les garder longtemps en santé, en beauté.

Le bon terreau

Les orchidées épiphytes sont préférablement cultivées dans des morceaux d’écorce de pin, pour permettre les bonnes irrigation et ventilation des racines (voir la recette ci-contre) . Les substrats préparés doivent préalablement tremper 24 heures afin d’assurer leur propreté et augmenter leur pouvoir de rétention d’eau.

Le mélange idéal selon André Poliquin

4 parts écorce de pin 1 part perlite 1 part tourbe de sphaigne Quelques morceaux de charbon de bois

Le pot adéquat

Peu importe le matériau utilisé, l’empotage doit favoriser une respiration aisée des racines, la libre circulation de l’eau et un ancrage solide. On privilégie généralement les pots de plastique car ils retiennent mieux l’humidité. Plus lourds, ceux de terre cuite assurent toutefois un meilleur équilibre aux plantes de haute taille . En outre, les orchidées aiment être à l’étroit et apprécient les pots tout juste assez grands pour contenir leur masse racinaire .

Luminosité et humidité appropriées

Une fenêtre orientée à l’est ou au sud saura satisfaire leurs exigences. Le taux d’humidité de nos maisons qui voisine 50 % leur est bénéfique, tandis que la culture en plateau (qui contient de l’eau) peut suppléer l’atmosphère plus sèche en hiver : les pots reposent sur une grille ou du gravier, de façon à ce que l’eau ne soit pas en contact avec le pot.

arrosage adapté

Un arrosage hebdomadaire abondant en période de croissance convient aux orchidées épiphytes . En plongeant le doigt dans le substrat, on peut facilement en prendre le «pouls». On évite d’arroser une orchidée dont le substrat est mouillé, ce qui pourrait faire pourrir les racines. Notons également que lorsqu’elles sont en dormance les orchidées à pseudobulbes ne requièrent qu’un arrosage minimal.

Fertilisation opportune

On utilise un engrais azoté en période de croissance (30-10-10) et phosphaté (10-52-10) pendant la formation des boutons floraux. L’un et l’autre sont appliqués aux deux semaines, au quart de la dose prescrite, après l’arrosage hebdomadaire.

Rares insectes et maladies

La cochenille farineuse, la cochenille à carapace et l’araignée rouge peuvent parfois causer des dommages. Ces insectes doivent être vite contrôlés. Une eau savonneuse – au savon doux non parfumé – vaporisée sur toutes les parties de la plante (sauf les fleurs) , rincée dix minutes après, en vient à bout. Répéter le traitement pendant quelques semaines.

Taille

En général, on taille la hampe florale après la chute des fleurs . Certains phalænopsis font exception.

Trucs de pros

Cultivez les orchidées en plateau sur un lit de gravillons.

Pour décourager les infections fongiques, évitez d’arroser les fleurs et de laisser des feuilles mouillées durant les nuits fraîches.

Assurez un bon mouvement de l’air à l’aide d’un ventilateur : ceci tiendra à distance les champignons tout comme de nombreux insectes.

Pendant la formation des boutons floraux, maintenez l’orientation d’origine de la plante : la déplacer provoquerait leur chute successive.

Favorisez les écarts de température diurne et nocturne (environ 10 °C) : ils déclenchent la formation des tiges florales de plusieurs orchidées.

Retirez les fleurs fanées sans tarder et gardez vos plants à distance des fruits trop mûrs : l’éthylène qui s’en dégage peut entraîner la chute des boutons floraux.

Quelques genres faciles à cultiver

Les orchidées sont réparties en trois groupes selon qu’elles apprécient un climat froid, intermédiaire ou chaud. Les mieux adaptées à nos maisons appartiennent au groupe intermédiaire. Les nombreux hybrides issus des genres qui suivent sont, dans tous les cas, plus faciles à cultiver que les espèces .

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Cattleya

Les cattleyas sont des orchidées épiphytes très connues et largement cultivées chez nos voisins du Sud. Leurs fleurs souvent parfumées et majestueuses constituent l’archétype de l’orchidée. Leur pseudobulbe ovale, allongé et très dur est surmonté d’une ou deux feuilles épaisses et coriaces, résistantes aux insectes et à la sécheresse. Une période de repos suit la floraison . Le pot doit contenir la masse de racines et l’espace suffisant à la croissance d’un ou deux nouveaux pseudobulbes.

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Leurs cannes, des pseudobulbes minces et tubulaires semblables à des tiges de bambou, portent des feuilles épaisses qui persistent plusieurs années. Les tiges florales prennent naissance au sommet des cannes. Une légère baisse de température et d’arrosage durant l’hiver déclenche la floraison . Aussi, chaque noeud de la canne a le potentiel de développer un rejeton.

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Oncidium


Presque tous épiphytes, les oncidiums possèdent des pseudobulbes et des feuilles aux formes variées. Certains sont miniatures, alors que d’autres ont une croissance étonnante. Tous exigent cependant des milieux d’enracinement très aérés. La culture sur plaques de liège ou de racines de fougères arborescentes (comme celles utilisées pour les philodendrons) donne de très bons résultats. La phase de croissance survient du printemps à l’automne, suivie d’une période de repos à température plus basse. Plusieurs cultivars sont appréciés pour leur parfum, dont ‘Shary Baby’à l’arôme chocolaté.

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Miltoniopsis


Les tiges florales de ces épiphytes paraissent à la base de pseudobulbes plats et arrondis. Les fleurs typiques sont larges, colorées et portent un masque de couleur en leur centre. Elles ressemblent à des pensées, d’où leur nom d’«orchidée-pensée». La phase de croissance active débute au printemps ou au milieu de l’été. Sensibles aux longues périodes de chaleur, leurs feuilles, puis leurs racines peuvent s’assécher.

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Paphiopedilum


L’appellation vient des mots grecs Paphios (ville de Paphios dédiée à Vénus) et pedilon (soulier) , faisant référence à la forme du labelle en sabot. Au Québec, on l’appelle souvent Sabot de Vénus ou Sabot de la Vierge. Les paphiopedilums sont des plantes lithophytes, sans pseudobulbe. Certaines possèdent un feuillage totalement vert, d’autres des feuilles marbrées. La longue période de floraison des variétés hybrides en fait des plantes de choix. Les fleurs, même coupées, ont une durée de vie dépassant parfois un mois. De croissance lente, les paphiopedilums n’aiment pas être dérangés.

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Phalaenopsis


Certainement l’orchidée la plus répandue aujourd’hui chez nous, tant pour la beauté et la durée de ses fleurs que pour sa facilité de culture. Les phalænopsis sont des épiphytes sans pseudobulbe dont les racines aériennes bien développées permettent l’ancrage du plant au substrat . Les hampes florales sont parfois majestueuses et se développent en fin d’automne. À la chute des fleurs, il est possible de stimuler une nouvelle floraison en coupant la tige tout juste au-dessous de la première fleur fanée. Du bourgeon dormant voisin naîtra une tige florale secondaire. Les hampes florales des hybrides à fleurs jaunes ne doivent pas être taillées : avec le temps, elles amorceront par elles-mêmes une nouvelle floraison .

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